Des mots et des phrases peuvent impacter positivement le sportif … mais aussi négativement.

Voici quelques phrases à éviter et comment communiquer :

 

1/ « NE FAIS PAS … ARRÊTE DE … »

Le cerveau a des difficultés avec la négation (ex : ne pense pas à un citron jaune … tu y penses je parie !)

Il est difficile pour le cerveau de se concentrer sur l’absence de quelque chose. En se concentrant sur ce qu’il doit éviter, il envoie le signal au subconscient d’exécuter la tâche à éviter.

= Conflit dans le cerveau !

SOLUTION : Focus sur le résultat à atteindre : « pense à revenir défendre », « pour mieux contrôler la balle, décale ton pied sur la gauche ».

 

2/ « POURQUOI … POURQUOI … »

un pourquoi implique une justification (sentiment d’être jugé, obligation de rendre des comptes = position défensive, se culpabilise.

Impossible d’avoir un interlocuteur libéré pour donner une réponse « naturelle ».

SOLUTION : « Pour quelle raison.. Qu’est-ce qui t’a fait choisir cette solution de passe … »

Le sportif est en position de donner son avis avec des intentions personnelles.

 

3/ « MOI À TA PLACE, … QUAND JE JOUAIS … JE … »

Se mettre à la place de.. peut être perçu comme négatif / comparaison = jugement (estime de soi). Chacun est différent.

SOLUTION : différencier être un modèle (je recopie tout du sportif) et être un exemple (je m’inspire de son jeu, hygiène de vie etc…).

 

4/ « TU N’AS PAS LE DROIT DE RATER CE TIR… PERDRE CE MATCH …PRENDRE CE BUT…  ! »

Focus sur le résultat, une action passée ou au contraire un match qui n’a pas commencé … C’est être focus sur une action passée (aucune emprise) ou faire le match avant qu’il ne débute.

Il est nécessaire d’être centré sur le processus (comment je fais pour marquer, gagner …)

Attention aussi aux phrases qui sont négatives (vu dans 1/)

SOLUTION : focus sur les actions à mettre en place qui ne dépendent que de soi, sur ce que l’on maitrise (ressources, motivations).

 

5/ « TU AS FAIT 3 FOIS LA MÊME FAUTE… »

erreur est différent de faute.

Une faute est faite en connaissance de cause, l’erreur est la conséquence d’une maladresse ou de quelque chose qui n’est pas acquis.

La faute implique une sanction, l’erreur une amélioration.

SOLUTION : trouver un atelier / exercice spécifique pour améliorer la situation : « cette erreur est récurrente, nous allons mettre en place … »

 

6/ « NON »

Souvent entendu des milliers de fois, ce mot est chargé d’émotions (souvent entendu à l’enfance).

Il peut créer de la confusion, instaurer une émotion limitante à un moment donné et braquer certaines personnes.

SOLUTION : « Arrête-toi, stop … en expliquant et donnant la raison (rappel : le cerveau fonctionne selon la saillance = le pourquoi).

 

7/ « NE PLEURE PAS, ARRÊTE DE T’ÉNERVER … »

Dissimuler une émotion ou ne pas la reconnaître empêche le sportif de se connaître et d’évoluer. Nous ne pouvons pas nier nos émotions.

Il est important de les connaître, les ressentir, les nommer, les accepter et leur donner une temporalité (5 minutes, jusqu’à la fin du premier tiers, etc…)

Une émotion est une énergie avec un message porteur de sens.

SOLUTION : « Je vois que tu es triste. Comment ressens-tu cette tristesse ? Comment est-elle arrivée ? Tu ressens de la colère ou de la frustration ? … »

 

8/ « TU ES NUL, J’AI HONTE DE VOUS … »

Tu es … = Être. Aucun lien entre l’identité du sportif et son jeu (faire) ou avoir gagné/perdu …

Vous me faites honte = culpabilité chez le sportif ou le groupe.

Inutile de comparer, dévaloriser.

SOLUTION : L’identité du sportif est à travailler, optimiser et ne pas la mélanger avec le jeu ou autre évènement. Trouver des solutions aux échecs, valoriser les points forts : « Tu n’as pas réussi sur ce match, que peux-tu mettre en place pour la prochaine fois, que veux-tu optimiser à l’entraînement, si tu refais ce match, que te manque t’il pour réussir ? »

 

9/ « TU ES LE PLUS FORT, TU ES LE MEILLEUR … »

Encore l’identité face à une action, un geste, un match … Trop donner de compliments va banaliser l’évènement et baisser la motivation du sportif.

 

SOLUTION : Encourager avec pertinence les efforts, les actions mises en place. Mettre le sportif en tant qu’acteur : « Qu’as-tu réussi ? …

Attention aux phrases : « C’est bien ! », « Tu feras mieux la prochaine fois… » qui impliquent que le résultat aurait pu être nettement mieux !

« As-tu mis toute l’intensité que tu souhaitais ? 100% de tes compétences ? … »

 

10/ « CE QUE TU FAIS EST MAUVAIS … »

Blessant ou décourageant, il peut s’avérer utile de mettre les ressources en avant.

SOLUTION : « Le François que je connais est un battant, il ne lâche rien. Sur ce match, je ne t’ai pas reconnu. Comment l’expliques-tu ? »

 

11/ « BON COURAGE … BONNE CHANCE … »

Cela implique que le match ne sera pas facile ou qu’il sera basé sur la chance et non les ressources, motivations du sportif.

Le sportif peut inconsciemment prendre le match comme quelque chose de compliqué, un obstacle …

SOLUTION : Attitude positive, émotions positives : « Joue comme tu sais le faire, prends du plaisir dans ce match. »

 

12/ « ET SI TU FAIS, TU AURAIS DÛ… SI TU MARQUES UN BUT TU AS UNE PRIME… »

Récompenses et menaces ne fonctionnent pas. Refaire toutes les actions « et si » n’apportent pas un grand bénéfice.

Les récompenses diminuent le plaisir, la motivation pour la réalisation de tâches plaisantes et peuvent procurer des attitudes individuelles dans des sports collectifs.

SOLUTION : Activer ce qui fait sens au sportif, ce qui lui procure du plaisir, en quoi fait-il ce sport, lui faire trouver des actions à mettre en place pour la suite qui l’inspirent. « Profite de ton match, utilise l’énergie que tu as dans ce match,… »

 

❌ À ÉVITER :

Comparer, se moquer, faire à sa place, promettre, menacer, étiqueter.

 

✅ À FAIRE : 

Décrire les faits, ce que cela implique sans juger, le faire réfléchir, le rendre autonome, le guider, l’impliquer.